<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Franc Ma&#xe7;onnerie Universelle</title><link>http://francmaconnerie.canalblog.com/</link><description>Le portail de la Franc-ma&#xe7;onnerie; infos, actu, correct, incorrect, questions et... la parole circule !</description><language>fr</language><lastBuildDate>Mon, 09 Nov 2009 09:10:15 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Emeutes, violences : et si on traitait le mal &#xe0; la racine?</title><dc:creator>Cherchant</dc:creator><link>http://francmaconnerie.canalblog.com/archives/2005/11/15/998644.html</link><category>Actu</category><comments>http://francmaconnerie.canalblog.com/archives/2005/11/15/998644.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://francmaconnerie.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/998644/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://francmaconnerie.canalblog.com/archives/2005/11/15/998644.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;Re&#xe7;u par un newsgroup fraternel :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;&amp;quot;Les gros mots et la barbarie&lt;br /&gt;
&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://francmaconnerie.canalblog.com/images/em3.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;311&quot; height=&quot;167&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://francmaconnerie.canalblog.com/images/em3.jpg&quot; alt=&quot;em3&quot; style=&quot;margin: 0px 0px 5px 5px; float: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Masqu&#xe9;s, nocturnes, masculins, arm&#xe9;s, ravageurs, homicides, aphasiques. Non, ce
n&apos;est pas une troupe de l&apos;ombre sortie des enfers dans un film catastrophe qui
r&#xe9;pond &#xe0; cette liste de qualificatifs, mais un d&#xe9;plorable r&#xe9;el. D&#xe9;crire ainsi
les casseurs qui s&#xe9;vissent depuis maintes nuits n&apos;est sans doute pas
politiquement correct, mais m&#xea;me si on peut allonger la liste, comme on allonge
un amer avec de l&apos;eau, aucune accumulation de diluants (adolescents, &#xe9;gar&#xe9;s,
d&#xe9;soeuvr&#xe9;s, d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;s, assoiff&#xe9;s et priv&#xe9;s de consommation) ne peut att&#xe9;nuer ni
invalider l&apos;horreur qu&apos;elle v&#xe9;hicule. &lt;br /&gt;
Confondre cette horreur avec ce qui pourrait ressembler de pr&#xe8;s ou de loin &#xe0; une
population n&apos;est pas seulement une sottise, c&apos;est une faute morale et politique.
C&apos;est pourtant ce que font, avec des mots inf&#xe2;mes, quelques irresponsables : au
lieu de traiter cette barbarie comme une excroissance, ils l&apos;&#xe9;rigent en noyau et
en normalit&#xe9;, ils en font une sinistre avant-garde autour de laquelle ils
tissent un peuple fantasmatique qui exasp&#xe8;re la population r&#xe9;elle. &lt;br /&gt;
Tout ce qui solidarise les casseurs avec la population qui les entoure est
inique et dangereux. Cette coalisation s&apos;effectue par des op&#xe9;rateurs
d&apos;identification : les mots inf&#xe2;mes, les &amp;quot; gros mots &amp;quot; . Ils &#xe9;manent de deux
sources. Ainsi, &#xe9;manant de la source r&#xe9;pressive, le mot &amp;quot; racaille &amp;quot; stigmatise
et cimente tout le monde : gros mot de droite. Mais le mot &amp;quot; jeunes &amp;quot;, &#xe9;manant
de la source bien pensante compassionnelle, blanchit tout le monde - qu&apos;on
ajoute &amp;quot; d&#xe9;favoris&#xe9;s &amp;quot; et voici les casseurs promus en h&#xe9;ros : gros mots
bien-pensants. &lt;br /&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://francmaconnerie.canalblog.com/images/em21.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;194&quot; height=&quot;185&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://francmaconnerie.canalblog.com/images/em21.jpg&quot; alt=&quot;em21&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
Il importe au contraire de souligner la division entre le peuple et les
casseurs, de refuser le processus d&apos;identification. C&apos;est pourquoi le
vocabulaire juridique est encore le meilleur : il qualifie sans cr&#xe9;er de
substances, il &#xe9;miette, isole et ne construit pas de conglom&#xe9;rats. Il faut donc
parler de d&#xe9;linquants, de tentatives de meurtre, d&apos;atteintes graves &#xe0; l&apos;ordre
public et &#xe0; la s&#xe9;curit&#xe9;, de mise en danger de la vie d&apos;autrui, de destruction
syst&#xe9;matique de biens et d&apos;&#xe9;quipements publics et priv&#xe9;s. Il faut diviser, et
pour diviser les mots discriminants doivent l&apos;emporter sur la glu des gros mots.
&lt;br /&gt;
Il faut que les casseurs ne se sentent nulle part &amp;quot; comme des poissons dans
l&apos;eau &amp;quot;. &lt;br /&gt;
Aussi toute comparaison, m&#xea;me rh&#xe9;torique, avec un mouvement populaire ou m&#xea;me
une r&#xe9;volte, est elle-m&#xea;me inique. Un mouvement populaire peut &#xea;tre violent,
mais personne dans le peuple n&apos;en craint la violence car elle s&apos;exprime toujours
dans un cadre, dans un &amp;quot; service d&apos;ordre &amp;quot;. Un mouvement populaire s&apos;attache &#xe0;
cr&#xe9;er des solidarit&#xe9;s qui ne reposent ni sur des lieux ni sur des
identifications substantielles (d&apos;ethnie, de religion, de sexe, d&apos;&#xe2;ge) mais sur
des analyses et des revendications claires, exprim&#xe9;es dans la langue commune &#xe0;
tous. Il s&apos;adresse &#xe0; des interlocuteurs d&#xe9;sign&#xe9;s ; il s&apos;expose et s&apos;affiche en
plein jour, &#xe0; visage d&#xe9;couvert, dans le centre des villes. Il se d&#xe9;place pour
t&#xe9;moigner, il se &amp;quot; d&#xe9;payse &amp;quot;. Il r&#xe9;unit hommes et femmes, jeunes et vieux. Or
ici nous avons l&apos;aphasie, le repli sur des territoires consid&#xe9;r&#xe9;s comme des
chasses gard&#xe9;es, l&apos;obscurit&#xe9;, l&apos;exclusivit&#xe9; masculine. Le terme &amp;quot; &#xe9;meute &amp;quot; n&apos;est
m&#xea;me pas appropri&#xe9;, ce sont des explosions muettes qui prennent la forme de la
barbarie et qui s&apos;avancent masqu&#xe9;es. &lt;br /&gt;
Tout a &#xe9;t&#xe9; dit sur les causes sociales de ces explosions : toutes choses justes
auxquelles on ne peut que souscrire. Il faut cependant ajouter que la forme
barbare suppose aussi des causes de type culturel, surtout lorsqu&apos;elle s&apos;empare
de pr&#xe9;-adolescents (on en a eu un avant-go&#xfb;t avec les incidents qui ont &#xe9;maill&#xe9;
les manifestation lyc&#xe9;ennes l&apos;hiver dernier). La forme barbare, c&apos;est l&apos;aphasie,
c&apos;est l&apos;habilet&#xe9; &#xe0; utiliser les technologies disponibles, c&apos;est l&apos;absence de
tout interdit, c&apos;est l&apos;&#xe9;tat de nature plus la profusion des moyens (t&#xe9;l&#xe9;phones
mobiles, cocktails molotov, armes), c&apos;est l&apos;usage des techniques sans la
civilisation. &lt;br /&gt;
Une civilisation suppose non pas une culture uniforme, mais s&apos;articule en
r&#xe9;gimes culturels &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur desquels peuvent se d&#xe9;velopper des
contre-cultures de fa&#xe7;on pas n&#xe9;cessairement licite mais toujours organis&#xe9;e et
r&#xe9;flexive. Or nous avons assist&#xe9; durant les 30 derni&#xe8;res ann&#xe9;es, avec
l&apos;effondrement des partis ouvriers et la r&#xe9;gression des syndicats de
revendication, &#xe0; la disparition de la culture populaire. Les adolescents n&apos;ont
aucun mod&#xe8;le populaire qui peut les nourrir, qu&apos;ils peuvent discuter. En dehors
des clips t&#xe9;l&#xe9;vis&#xe9;s o&#xf9; se d&#xe9;ploie le culte de l&apos;argent et de la vie faciles, en
dehors de la &amp;quot; glisse &amp;quot;, des fringues et des incantations islamistes, rien qui
puisse se pr&#xe9;senter comme digne d&apos;imitation - et surtout pas l&apos;&#xe9;cole o&#xf9; une
politique constante depuis 30 ans s&apos;acharne &#xe0; d&#xe9;pouiller les enseignants de
toute autorit&#xe9;, de tout prestige. &lt;br /&gt;
Le poignant appel des femmes qui circule ces jours-ci, au-del&#xe0; de son aspect
path&#xe9;tique, l&apos;avoue na&#xef;vement : &amp;quot; nous exigeons que nos enfants rentrent &#xe0; la
maison ! &amp;quot; disent-elles. Mais comment ceux de qui on n&apos;a jamais rien exig&#xe9;
lorsqu&apos;ils avaient l&apos;&#xe2;ge d&apos;int&#xe9;rioriser un interdit, comment ceux qui n&apos;ont
appris qu&apos;&#xe0; se conduire en ca&#xef;ds vis &#xe0; vis de leurs &amp;quot; vieux &amp;quot; et de leurs soeurs
pourraient-ils obtemp&#xe9;rer &#xe0; une exigence aussi tardive et d&#xe9;risoire ? &lt;br /&gt;
Ce n&apos;est pas le mod&#xe8;le r&#xe9;publicain d&apos;int&#xe9;gration qui est ici en panne mais tout
simplement la volont&#xe9; et le simple courage d&apos;&#xe9;duquer. On ne voit pas du reste
que cette fureur s&apos;&#xe9;tende &#xe0; tous ceux qui dans les &amp;quot; quartiers &amp;quot; souffrent de
discrimination, d&apos;exclusion, de pauvret&#xe9;. On ne voit pas non plus qu&apos;elle
saisisse les filles, tout aussi - sinon plus - &amp;quot; d&#xe9;favoris&#xe9;es &amp;quot;, pas plus que
les &amp;quot; jeunes &amp;quot; issus de vagues migratoires pourtant plus r&#xe9;centes, venant
notamment d&apos;Asie. &lt;br /&gt;
Sans doute certaines zones urbaines sont-elles livr&#xe9;es au communautarisme
int&#xe9;griste, mais elles sont aussi le territoire de bandes maffieuses d&#xe9;veloppant
ce qu&apos;on appelle par euph&#xe9;misme des &amp;quot; &#xe9;conomies parall&#xe8;les &amp;quot;, trafics et rackets
en tous genres. Alors &amp;quot; &#xe0; qui profite le crime? &amp;quot; : &#xe0; un v&#xe9;ritable mod&#xe8;le de
terreur dont l&apos;infrastructure est le trafic et dont la superstructure est tenue
par l&apos;int&#xe9;grisme. C&apos;est l&apos;alliance des ayatollahs et des dealers qui se
d&#xe9;chiffre dans le seul message sans paroles, mais clair, envoy&#xe9; par les casseurs
: &amp;quot; la police, l&apos;&#xe9;cole, les pompiers, les bus, les m&#xe9;decins, les cr&#xe8;ches, les
h&#xf4;pitaux, les magasins, les entreprises, on n&apos;en veut pas ; on veut &#xea;tre chez
nous, laissez-nous trafiquer, opprimer, terroriser comme bon nous semble et
tenez-vous &#xe0; l&apos;&#xe9;cart, n&apos;entrez pas &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catherine Kintzler &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Professeur de philosophie &#xe0; Lille III&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 novembre 2005&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://francmaconnerie.canalblog.com/images/em12.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;595&quot; height=&quot;269&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://francmaconnerie.canalblog.com/images/em12.jpg&quot; alt=&quot;em12&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 14 Nov 2005 23:08:25 GMT</pubDate></item></channel></rss>