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Franc Maçonnerie Universelle

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15 novembre 2005

Emeutes, violences : et si on traitait le mal à la racine?

Reçu par un newsgroup fraternel :

"Les gros mots et la barbarie
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Masqués, nocturnes, masculins, armés, ravageurs, homicides, aphasiques. Non, ce n'est pas une troupe de l'ombre sortie des enfers dans un film catastrophe qui répond à cette liste de qualificatifs, mais un déplorable réel. Décrire ainsi les casseurs qui sévissent depuis maintes nuits n'est sans doute pas politiquement correct, mais même si on peut allonger la liste, comme on allonge un amer avec de l'eau, aucune accumulation de diluants (adolescents, égarés, désoeuvrés, désespérés, assoiffés et privés de consommation) ne peut atténuer ni invalider l'horreur qu'elle véhicule.
Confondre cette horreur avec ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une population n'est pas seulement une sottise, c'est une faute morale et politique. C'est pourtant ce que font, avec des mots infâmes, quelques irresponsables : au lieu de traiter cette barbarie comme une excroissance, ils l'érigent en noyau et en normalité, ils en font une sinistre avant-garde autour de laquelle ils tissent un peuple fantasmatique qui exaspère la population réelle.
Tout ce qui solidarise les casseurs avec la population qui les entoure est inique et dangereux. Cette coalisation s'effectue par des opérateurs d'identification : les mots infâmes, les " gros mots " . Ils émanent de deux sources. Ainsi, émanant de la source répressive, le mot " racaille " stigmatise et cimente tout le monde : gros mot de droite. Mais le mot " jeunes ", émanant de la source bien pensante compassionnelle, blanchit tout le monde - qu'on ajoute " défavorisés " et voici les casseurs promus en héros : gros mots bien-pensants.
em21 Il importe au contraire de souligner la division entre le peuple et les casseurs, de refuser le processus d'identification. C'est pourquoi le vocabulaire juridique est encore le meilleur : il qualifie sans créer de substances, il émiette, isole et ne construit pas de conglomérats. Il faut donc parler de délinquants, de tentatives de meurtre, d'atteintes graves à l'ordre public et à la sécurité, de mise en danger de la vie d'autrui, de destruction systématique de biens et d'équipements publics et privés. Il faut diviser, et pour diviser les mots discriminants doivent l'emporter sur la glu des gros mots.
Il faut que les casseurs ne se sentent nulle part " comme des poissons dans l'eau ".
Aussi toute comparaison, même rhétorique, avec un mouvement populaire ou même une révolte, est elle-même inique. Un mouvement populaire peut être violent, mais personne dans le peuple n'en craint la violence car elle s'exprime toujours dans un cadre, dans un " service d'ordre ". Un mouvement populaire s'attache à créer des solidarités qui ne reposent ni sur des lieux ni sur des identifications substantielles (d'ethnie, de religion, de sexe, d'âge) mais sur des analyses et des revendications claires, exprimées dans la langue commune à tous. Il s'adresse à des interlocuteurs désignés ; il s'expose et s'affiche en plein jour, à visage découvert, dans le centre des villes. Il se déplace pour témoigner, il se " dépayse ". Il réunit hommes et femmes, jeunes et vieux. Or ici nous avons l'aphasie, le repli sur des territoires considérés comme des chasses gardées, l'obscurité, l'exclusivité masculine. Le terme " émeute " n'est même pas approprié, ce sont des explosions muettes qui prennent la forme de la barbarie et qui s'avancent masquées.
Tout a été dit sur les causes sociales de ces explosions : toutes choses justes auxquelles on ne peut que souscrire. Il faut cependant ajouter que la forme barbare suppose aussi des causes de type culturel, surtout lorsqu'elle s'empare de pré-adolescents (on en a eu un avant-goût avec les incidents qui ont émaillé les manifestation lycéennes l'hiver dernier). La forme barbare, c'est l'aphasie, c'est l'habileté à utiliser les technologies disponibles, c'est l'absence de tout interdit, c'est l'état de nature plus la profusion des moyens (téléphones mobiles, cocktails molotov, armes), c'est l'usage des techniques sans la civilisation.
Une civilisation suppose non pas une culture uniforme, mais s'articule en régimes culturels à l'intérieur desquels peuvent se développer des contre-cultures de façon pas nécessairement licite mais toujours organisée et réflexive. Or nous avons assisté durant les 30 dernières années, avec l'effondrement des partis ouvriers et la régression des syndicats de revendication, à la disparition de la culture populaire. Les adolescents n'ont aucun modèle populaire qui peut les nourrir, qu'ils peuvent discuter. En dehors des clips télévisés où se déploie le culte de l'argent et de la vie faciles, en dehors de la " glisse ", des fringues et des incantations islamistes, rien qui puisse se présenter comme digne d'imitation - et surtout pas l'école où une politique constante depuis 30 ans s'acharne à dépouiller les enseignants de toute autorité, de tout prestige.
Le poignant appel des femmes qui circule ces jours-ci, au-delà de son aspect pathétique, l'avoue naïvement : " nous exigeons que nos enfants rentrent à la maison ! " disent-elles. Mais comment ceux de qui on n'a jamais rien exigé lorsqu'ils avaient l'âge d'intérioriser un interdit, comment ceux qui n'ont appris qu'à se conduire en caïds vis à vis de leurs " vieux " et de leurs soeurs pourraient-ils obtempérer à une exigence aussi tardive et dérisoire ?
Ce n'est pas le modèle républicain d'intégration qui est ici en panne mais tout simplement la volonté et le simple courage d'éduquer. On ne voit pas du reste que cette fureur s'étende à tous ceux qui dans les " quartiers " souffrent de discrimination, d'exclusion, de pauvreté. On ne voit pas non plus qu'elle saisisse les filles, tout aussi - sinon plus - " défavorisées ", pas plus que les " jeunes " issus de vagues migratoires pourtant plus récentes, venant notamment d'Asie.
Sans doute certaines zones urbaines sont-elles livrées au communautarisme intégriste, mais elles sont aussi le territoire de bandes maffieuses développant ce qu'on appelle par euphémisme des " économies parallèles ", trafics et rackets en tous genres. Alors " à qui profite le crime? " : à un véritable modèle de terreur dont l'infrastructure est le trafic et dont la superstructure est tenue par l'intégrisme. C'est l'alliance des ayatollahs et des dealers qui se déchiffre dans le seul message sans paroles, mais clair, envoyé par les casseurs : " la police, l'école, les pompiers, les bus, les médecins, les crèches, les hôpitaux, les magasins, les entreprises, on n'en veut pas ; on veut être chez nous, laissez-nous trafiquer, opprimer, terroriser comme bon nous semble et tenez-vous à l'écart, n'entrez pas ".

Catherine Kintzler

Professeur de philosophie à Lille III

8 novembre 2005"


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14 novembre 2005

Manifestation laïque du 10 décembre

Nous sommes les garants de la Laïcité.

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Source : Fédération nationale de la Libre Pensée

« Pour la défense et la promotion de la loi de 1905 »

Samedi 10 décembre à 15H – Place de la République

Plus de 2.500 Laïques, 17 associations, une centaine d’Elus de la République et 64 personnalités internationales sur tous les continents ont repris, en le soutenant, l’appel des 5O personnalités constituant le Comité de Liaison de l’Appel aux Laïques pour la défense et la promotion de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905.

A l’occasion du centenaire de cette loi, les militants laïques, venus d’horizons différents, entendent favoriser au maximum les convergences nécessaires pour défendre la laïcité de l’Ecole publique, de l’Etat et des institutions de la République et la promouvoir, notamment, dans le nouveau débat européen qui s’engage.

C’est pourquoi dans tout le pays se prépare activement dans l’union la plus large, la grande manifestation nationale laïque à Paris du samedi 10 décembre 2005 pour défendre et restaurer la laïcité, menacée de toutes parts.

Celle-ci se tiendra le samedi 10 décembre 2005 à partir de 15H. Rendez-vous est donné à la place de la République.

Un meeting laïque unitaire pour lancer officiellement cette initiative aura lieu le samedi 1er octobre 2005 à 14H30 à la Mutualité (24 rue saint-Victor -75005 Paris)..

A la demande de l’Observatoire International de la Laïcité ; composée du Grand Orient de France, du Droit Humain, de la Grande Loge Mixte de France, de la Grande Loge Mixte Unifiée, de La Grande Loge Féminine de France, du Mouvement « Europe et Laïcité » (CAEDEL), du Comité-Laïcité-République, de la Fédération nationale de la Libre Pensée, de l’Association du Chevalier de la Barre (Paris), de l’Association Laïcité-Liberté et de République sociale, Republica et Laïcidade du Portugal et de la Fédération Humaniste Européenne, lors de sa réunion du 11 juin 2005 ; les initiateurs de l’Appel aux laïques pour la manifestation du 10 décembre 2005 ont été mandaté pour inviter l’ensemble des organisations laïques, les confédérations syndicales et les fédérations syndicales enseignantes autonomes à se réunir :

Le samedi 8 octobre à 14H30

A la Mairie du XIème arrondissement de Paris

afin d’y débattre de la possibilité que toutes les organisations se réclamant de la laïcité puissent manifester, sous les formes qu’elles choisiront, le même jour, à la même heure, au même lieu pour la défense de la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat.

Le Grand Orient de France a fait savoir qu’il appelait à cette manifestation, comme signataire de l’Appel aux laïques, et que ses membres défileront en cortège, en décors derrière leurs bannières.

- Pour la restauration de la loi de 1905 !
- Pour l’abrogation du Statut clérical d’Alsace Moselle !
- Pour le respect du principe : « Fonds publics à la seule Ecole publique » !
- Pour l’abrogation de toutes les lois antilaïques !
- Pour l’avènement d’une laïcité sans frontières !

14 novembre 2005

Webring Francophone

 

Franc-maçonnerie Francophone 

   

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C'est une chaîne de sites liés par un même thème. Ce qui les unit concrètement c'est ce logo ci-dessus. Chaque site l'insère sur sa page, et le site est ajouté à la Webring. Cela signifie que les visiteurs de n'importe quel site membre de la Webring tombera sur votre site s'il consulte la liste des sites de la Webring, ou s'il navigue dessus.

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Au hasard : pour tomber au pif sur un site de la liste.

N'hésitez pas à nous écrire pour nous poser des questions.

14 novembre 2005

Foire aux questions

14 novembre 2005

L'annuaire maçonnique

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14 novembre 2005

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Vous avez la possibilité de participer à ces rubriques :

- Actusac_propo2

- Correct

- Pas correct

- Courrier des lecteurs

Pour ce faire, n'hésitez pas à nous écrire en cliquant sur "Contactez l'auteur" dans la colonne de menu.

Nous accordons une attention toute particulière aux problèmes de dérives sectaires et de dysfonctionnement graves au sein de diverses Obédiences non reconnues établies en France, et souhaitons participer ardemment à l'information des personnes quant à ce problème, c'est pourquoi nous vous invitons à nous laisser des témoignages ou informations que nous observerons et éventuellement transmettrons en toute confidentialité.


14 novembre 2005

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10 avril 2005

Les éclaicissements de Bauer

Ahh ce Bauer, il figure aussi bien dans correct ou pas correct. Cette interview rappelle, en ces temps troublés, le fondement des choses.

Amusant de se rendre compte à quel point les gens ne savent pas que les maçons en sont pour beaucoup dans la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

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La Franc Maçonnerie, Claire Chazal, Journal Télévisé de TF1, 27/06/2003:

Intervention à Lyon d'Alain Bauer, Grand Maître du Grand Orient de France:
Je crois que cela décourage ceux qui se servent justement plutôt de la Franc Maçonnerie plutôt qu'ils ne la servent, les pourris, les corrompus et les salops, qui parfois peuvent comme dans toute société humaine des loges. La problématique n'est pas de la nier, c'est de savoir ce qu'on en fait. Pour notre part cela fait assez longtemps que nous les avons mis dehors, discrètement d'abord, et avec détermination ensuite, et il faut noter que comme le grand maître de la grande loge de France, nous avons soutenu et nous soutenons toujours l'action d'Eric de Montgolfier pour remettre en état le tribunal de Nice, et dans la matière nous sommes plutôt dans la même logique qu'il a lui-même indiqué à plusieurs reprises. 

Claire Chazal:
A l'intérieur de la franc maçonnerie, le fonctionnement c'est vrai reste encore assez opaque, est-ce que c'est encore un lieu de débat, la franc maçonnerie. 

Tellement opaque, qu'un des Grands Maîtres après avoir découvert des comptes dont il ignorait l'existence, avait démissionné. C'est ce que nous pouvons appeler " l'OPAQUE de la franc maçonnerie ". On comprend dans ce cas que le secret soit une obligation. 

Alain Bauer
C'est toujours un lieu de débat. Nous sommes ici à Lyon au musé des Beaux Arts où il y a
une des plus importantes exposition maçonnique, Lyon, carrefour européen de la Maçonnerie, demain, un colloque organisé par la grande loge féminine, permettra d'aborder les questions homme femme, de l'égalité à la différence. C'est à dire à la fois l'essentiel du débat, non seulement sur une parité nécessaire, mais sur une action commune dans des différences assumées, la maçonnerie qui était l'église, le parti de la république au moment où celle-ci n'en avait pas est devenu sa boite à outil, et elle continue imperturbablement a proposer, car c'est le débat des loges, l'endroit où on respecte la parole, on ne s'interrompt pas, il n'y pas de concours de décibel, des projets ou de propositions pour tous. 

Claire Chazal:
Oui mais c'est vrai qu'à l'extérieur, on ne l'entend pas beaucoup sur certaine grande question de société, comme par exemple la laïcité. Est-ce que vous seriez par exemple favorable à une loi sur le port du voile à l'école ? 

Alain Bauer
La maçonnerie et surtout le Grand Orient s'exprime sur la laïcité depuis toujours, je dirai même que c'est son identité naturelle, et simplement on nous expliquait il y a quelques semaines que c'était un sujet ringard. Les conversions laïques spontanées de ces dernières semaines nous font plutôt plaisir, de là à rendre les derniers convertis comme le meilleur des croyants, nous ne sommes pas tout a fait sûr du résultat. Nous, nous souhaitons l'application de la loi de 1905 sur tout le territoire, l'interdiction de tous les signes, religieux, politiques, et y compris maçonniques dans tous les espaces publics qui nous permet de vivre ensemble, mais nous ne sommes certainement pas favorable à une loi contre le voile, et contre le voile seulement, qui exprimerait non pas un esprit laïque mais une volonté de crispation antimusulmane qui est une autre forme de xénophobie. En la matière, la laïcité c'est le respect des croyances et des non croyances, d'avoir une religion, d'en avoir aucune, ou d'en changer, mais certainement pas la chasse à ceux qui veulent exprimer librement dans leur espace privé, une foi, une croyance. 

Claire Chazal:
Merci beaucoup Alain Bauer d'avoir répondu à nos questions en duplex de Lyon, pour ceux 275ème anniversaires de la franc maçonnerie. (1728) 

2 février 2005

Alain Bauer pour l'Express, en 2001

Et oui, on ressort du vieil article là. Néanmoins, si ce genre d'interview qu'a accordé Alain Bauer à la presse est très controversé au sein de la Franc-maçonnerie, il est toujours intéressant pour les profanes intéressés d'en lire.

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L'Express du 04/10/2001 Le franc-parler d'un franc-maçon

propos recueillis par Laurent Chabrun et Jérôme Dupuis

Alain Bauer vient d'être réélu à la tête du Grand Orient de France, première obédience maçonnique du pays. Finances, patrimoine immobilier, «dérapages» de certains frères... Il dit tout à L'Express

On les dit murés dans le silence et le secret de leur loge. Méfiants envers tout ce qui vient de l'extérieur. Exaspérés par les révélations sur les affaires où des noms de francs-maçons reviennent régulièrement. Pour L'Express, le grand maître du Grand Orient, la première obédience française, a décidé de parler sans détour. Réélu le 6 septembre par ses frères, Alain Bauer reconnaît l'existence de réseaux maçons et explique comment les loges luttent contre leurs dérives. Il entrouvre également la porte sur les finances du Grand Orient, la présence de maçons dans les hautes sphères politiques ou les risques de dérapages des fameuses fraternelles. Loin de toute langue de bois, le grand maître s'explique.

Vous venez d'être réélu grand maître du Grand Orient de France. Comment s'est déroulée cette élection? Quelle est votre situation financière?
Contrairement à la campagne de l'an dernier, tout s'est déroulé normalement. J'ai été élu par 33 voix et 2 votes blancs par les conseillers de l'ordre, élus dans les 17 régions, qui regroupent 987 loges. Le rapport financier a été adopté: notre budget de fonctionnement s'élève à 40 millions de francs. Il est alimenté par la «capitation» versée par chaque franc-maçon du Grand Orient. Cette cotisation s'élève actuellement à 860 francs par an, auxquels viennent s'ajouter environ 250 francs de contribution à la loge. Nous avons 37 salariés permanents, mais les élus du conseil de l'ordre et moi-même sommes entièrement bénévoles. Nous ne percevons ni salaire ni indemnité.

On prête parfois au Grand Orient un «empire immobilier». Qu'en est-il?
Nous disposons d'un patrimoine immobilier considérable et très ancien pour des raisons historiques: nous sommes propriétaires, soit directement soit par nos loges, d'environ 500 temples maçonniques dans les villes de France. Depuis le XVIIIe siècle, nous avons acquis et aménagé ces locaux souvent délabrés, qui vont de la simple pièce à l'immeuble entier. Une partie de la capitation sert d'ailleurs à la rénovation et à l'entretien de ces temples. Malgré cela, surtout à Paris, nous manquons cruellement de locaux. Au total, il y a à présent 43 300 maçons au Grand Orient. C'est un record historique. Nous n'étions plus que 5 500 «survivants» en 1945... Malgré les polémiques, l'engouement n'a jamais été si fort.

Ne risquez-vous pas, du coup, d'être victimes de tentatives d'infiltration?
Elles sont très rares et nous finissons toujours par les déceler. Il y a trois ans, nous avons affronté une offensive de l'Eglise de Scientologie. Se revendiquant de la liberté de conscience que nous accordons à chacun, 8 scientologues s'étaient regroupés dans une loge. Mais l'un d'eux défendait publiquement cette secte devant les tribunaux et cette forme de prosélytisme est contraire à nos statuts: il a donc été exclu de l'obédience. Progressivement, ses acolytes sont partis eux aussi...

On dit que des signes de reconnaissance secrets entre francs-maçons permettent de s'identifier mutuellement dans une assemblée...
Il s'agit d'une survivance historique un peu tombée en désuétude. Au XVIIIe siècle, lorsque le téléphone n'existait pas, il fallait bien que les frères puissent prouver leur appartenance lorsqu'ils voyageaient. Il y avait donc des signes codifiés, notamment avec les mains, et des mots de passe. De là découle la fameuse poignée de main censée signaler son appartenance à la maçonnerie - ce qui nous a valu d'être surnommés les «frères la gratouille» par François Mitterrand. Mais cela n'est guère utilisé aujourd'hui... Nous avons encore quelques mots de passe, que nous changeons régulièrement pour éviter que les frères exclus ne les utilisent. De toute façon, maintenant, il existe pour chacun une carte d'identité maçonnique.

En ces temps de parité, pourquoi le Grand Orient n'est-il pas mixte?
Nous reconnaissons toutes les obédiences féminines et mixtes en France. Mais, en raison de nos statuts et de notre histoire, les femmes ne peuvent pas être initiées chez nous. En revanche, les maçonnes des obédiences féminines ont parfaitement le droit d'assister à nos travaux en loge. Chaque fois que je me rends à des cérémonies à travers la France, il y a une ou plusieurs femmes dans l'assistance.

«Comme partout, il y a
des "pourris", des corrompus et
des salauds dans les loges»

Depuis quelques années, des personnalités francs-maçonnes, comme Roland Dumas, Jean-Claude Méry, Olivier Spithakis ou Jacques Crozemarie, sont mêlées aux «affaires». Le Grand Orient abrite-t-il des réseaux affairistes?
Comme partout, il y a des «pourris», des corrompus et des salauds dans les loges. Certaines régions, en particulier le sud-est de la France, sont peut-être plus perméables à l'affairisme. Mais nous sommes vigilants: je suis personnellement favorable à une «karchérisation» (c'est-à-dire une élimination radicale) des frères qui ont failli. Mes prédécesseurs l'avaient commencée, mais dans la discrétion, par crainte de la médiatisation. Il faut savoir que, en 2000, les loges ont radié environ 350 adhérents, pour des raisons que je ne connais pas toujours, essentiellement disciplinaires (défaut de paiement de cotisation, manque d'assiduité, etc.). A l'échelon national, nous avons actuellement 79 dossiers ouverts au conseil de l'ordre: 48 pour des raisons maçonniques internes et 31 concernant des procédures pénales. Ces dernières étant souvent très longues, nous suspendons les frères dans l'attente d'une décision définitive de la justice. L'an passé, le conseil de l'ordre a prononcé 7 exclusions et 11 suspensions.

Parmi les personnalités connues, l'ancien ministre Jean-Pierre Soisson a-t-il été exclu?
Oui. Il l'a été par le conseil de l'ordre, le jour même de son élection au conseil régional de Bourgogne grâce aux voix du Front national. Il en a été de même pour un conseiller régional de Languedoc-Roussillon, qui avait accepté des voix du FN. En revanche, nous sommes très fiers que ce soient des frères et des soeurs qui ont contribué à la résistance contre Charles Millon au conseil régional Rhône-Alpes.

Et l'ex-maire de Béthune Jacques Mellick a-t-il été exclu?
Oui.

Claude Pradille, ancien président du conseil général du Gard, condamné dans plusieurs affaires?
Exclu également.

Alfred Sirven était lui aussi membre du Grand Orient...
Oui. Mais il a été radié il y a longtemps par sa loge, dans le sud de la France.

Avez-vous déjà été contraint de dissoudre des loges?
Une fois, un vénérable se prenait un peu pour un gourou, et nous avons dû dissoudre la loge, qui ne comptait de toute façon que peu de membres.

Comment pouvez-vous être sûrs de l'intégrité de vos adhérents?
Tout candidat à l'entrée au Grand Orient doit nous présenter un extrait de casier judiciaire, qui doit être vierge. Nous le redemandons à diverses occasions ensuite. Et, pour éviter qu'un maçon exclu d'une obédience ne postule à une autre, nous nous échangeons nos «fiches judiciaires» avec les autres obédiences françaises. Sauf avec la Grande Loge nationale française (GLNF), ce qui pourrait expliquer en partie ses déboires. C'est vrai qu'il y avait des réseaux maçonniques corrompus dans le sud de la France. Nous avons peut-être fait le ménage avant d'autres...

Reste le problème des «fraternelles», ces regroupements de maçons par profession...
A titre personnel, je considère que c'est une déviation de la maçonnerie. Les fraternelles sont d'ailleurs apparues tardivement dans notre histoire. Au départ, il s'agissait de se retrouver, toutes obédiences confondues, entre frères ayant les mêmes convictions. Rien de répréhensible à cela. Mais, dans certains cas, il s'agit de se retrouver, sans tenue, pour mener ses petites affaires, dans des structures paramaçonniques. Je n'ai toujours pas compris de quels problèmes philosophiques pouvaient bien parler les membres de la fraternelle du bâtiment et des travaux publics... Certains «clubs des 50», mais pas tous, sortes de «superloges d'élite» dans les grandes villes de province, où se retrouvent les notables maçons de toutes obédiences, me paraissent également contraires à l'esprit de la maçonnerie. Je suis favorable aux fraternelles d'idées, pas à celles de métier. Le Grand Orient interdit d'ailleurs à ses membres d'adhérer à certains clubs des 50 (à Nice, Toulon, Marseille, Montpellier), mais aussi à une fraternelle de la police (qui s'occupait beaucoup de promotions internes) et à une autre au ministère de la Défense...

Certaines personnes n'entrent-elles pourtant pas en maçonnerie avec l'espoir de s'intégrer à des réseaux influents?
Il y en a, bien sûr. Je me demande même si, quelquefois, paradoxalement, le bruit fait autour des francs-maçons et des affaires n'attire pas quelques postulants qui fantasment sur la toute-puissance de la maçonnerie... Mais ceux-là sont vite découragés par les trois premières années, où ils ne sont qu'apprentis et pas encore maîtres: ils s'aperçoivent qu'il faut travailler sur des sujets parfois ardus, faire vœu de silence, passer le balai dans le temple...

Mais continue-t-on encore à s'aider entre frères?
Bien sûr. La franc-maçonnerie est l'un des nombreux espaces sociaux où l'on se rend des services. Le problème est de savoir jusqu'où on peut aller. Personnellement, j'ai déjà favorisé l'inscription d'enfants de maçons dans une université, aidé des agents d'entretien de ma faculté à obtenir un logement dans le XIIIe arrondissement, voire fait sauter quelques contraventions pour stationnement interdit (mais jamais pour excès de vitesse). Le maçon est un médiateur social. Bref, rien de plus que ce qui se pratique dans n'importe quel club bouliste...

«J'engage tous nos membres à assumer publiquement, avec fierté, leur appartenance maçonnique»

Oui, mais l'inscription à un club bouliste ou à une association de pêche se fait au grand jour. Le problème n'est-il pas lié au secret qui entoure la maçonnerie?
Nous avons lancé une vaste consultation sur ce sujet dans toutes les loges de France. Le seul secret qui existe chez nous est celui de l'initiation, qui est une expérience intime. Mais j'engage tous nos membres à assumer publiquement, avec fierté, leur appartenance maçonnique. Cela n'a jamais nui à la réélection d'hommes politiques qui l'avaient avoué. Certains frères portent, par exemple, des sortes de pin's en forme de compas ou de triangle à la veste. En revanche, tout maçon doit avoir la garantie de n'être pas dénoncé par les autres. Beaucoup souhaitent garder le secret envers leur employeur, leur administration, leur famille... Pourquoi devrions-nous faire notre outing forcé? Et pourquoi, alors, ne pas demander aux catholiques intégristes et aux homosexuels de se déclarer publiquement? Aux partis politiques de révéler la liste de leurs adhérents? Un individu n'est pas constitué du cumul de ses appartenances: une société totalement transparente s'apparente à une dictature. Le secret du vote n'est pas une atteinte à la démocratie, bien au contraire.

Cela est-il également valable pour les maçons qui exercent des responsabilités dans la police ou la magistrature?
Bien sûr. Demande-t-on à un juge qui examine une affaire de divorce s'il est catholique intégriste? A un autre qui statue sur une infraction à la protection de l'environnement s'il est chasseur?

Comment réagissez-vous aux déclarations du procureur Eric de Montgolfier et à la mise en examen du juge niçois Jean-Paul Renard, suspecté d'avoir transmis à sa loge des informations confidentielles issues de casiers judiciaires?
Je considère qu'il n'attaque pas la maçonnerie en tant que telle, mais qu'il dénonce certaines dérives. En ce sens, il joue parfaitement son rôle. Les affaires de la maçonnerie niçoise ne concernent d'ailleurs pas le Grand Orient, mais la GLNF. L'ironie, malheureusement, veut que les premiers maçons sanctionnés - pour avoir consulté des fichiers afin de s'assurer de la moralité de leurs frères - aient plutôt semblé appartenir à ceux qui voulaient faire un peu le ménage... Cependant, nous n'avons rien contre Eric de Montgolfier: nous l'avons même invité à un débat dans une loge niçoise. L'initiative a fait grincer quelques dents chez nous, mais le débat a été de qualité.

Vous avez récemment été reçu par Jacques Chirac, puis Lionel Jospin. De quoi avez-vous parlé?
Nous évoquons les sujets de société qui nous sont chers et sur lesquels nous travaillons en loge: la loi sur la bioéthique, le rôle de l'école, le centenaire de la loi sur les associations... Et puis, Jacques Chirac était invité à notre colloque sur la dignité humaine; nous souhaiterions que Lionel Jospin soit lui aussi présent à une occasion de ce genre...

«Il existe chez nous une tradition consistant à jouer les intermédiaires dans des situations tendues»

Le Grand Orient a également tenté de jouer un rôle dans les négociations sur la Corse. Une réunion secrète entre nationalistes et responsables du PS, dans le bureau du grand maître, en février 2000, a contraint votre prédécesseur, Simon Giovannaï, à la démission...
Il faut tout d'abord rappeler qu'il existe chez nous une longue tradition consistant à jouer les intermédiaires dans des situations tendues comme celle-ci: nous étions déjà intervenus jadis, avec efficacité et au grand jour, pour les accords sur la Nouvelle-Calédonie. Que s'est-il passé avec la Corse? Le grand maître et ses proches, peut-être en raison d'attaches géographiques, ont réuni quelques nationalistes d'organisations non représentées dans les négociations officielles et des frères. Mais personne, ni au sein du Grand Orient ni au gouvernement, ne les avait mandatés pour cela. La réunion n'est pas restée secrète très longtemps: ce jour-là, on fêtait le centenaire d'une loge à notre siège de la rue Cadet, à Paris (IXe). Les locaux étaient remplis de monde. Et puis, un fonctionnaire des Renseignements généraux était curieusement présent, lui aussi, à la porte du bureau du grand maître... La presse l'a révélé. Je considère qu'avoir organisé cette rencontre clandestine dans ces conditions était une faute. Mon prédécesseur a sans doute été victime d'une instrumentalisation.

On prête à la maçonnerie une forte influence dans le monde politique. On a dit, par exemple, que Jacques Chirac avait été initié dans une loge suisse...
Cela m'a fait beaucoup rire, et je crois savoir que cela a également déclenché l'hilarité de M. Chirac. Alpina est une loge suisse alémanique, et je vois mal le président s'y rendre discrètement deux fois par mois... Jacques Chirac - comme bien d'autres - a seulement été invité à une «tenue blanche» - réunion où un profane s'exprime dans un temple maçonnique - il y a fort longtemps. Tout comme Lionel Jospin, d'ailleurs. En revanche, ce que je peux vous confirmer, c'est que le grand-père de Jacques Chirac faisait partie du Grand Orient. Il était même le vénérable de sa loge, en Corrèze.

La maçonnerie est-elle bien implantée dans le gouvernement Jospin?
A ma connaissance, toutes obédiences confondues, quatre ministres sont maçons. Il s'agit d'une proportion «raisonnable». Mais c'est évidemment beaucoup moins que dans le gouvernement socialiste de 1981... Nous ne vivons pas dans une République maçonnique.

Justement, nous approchons de l'élection présidentielle. En 1981, le grand maître du Grand Orient avait indiqué sa préférence pour François Mitterrand. Allez-vous appeler à voter pour un candidat en 2002?
Non. Mais je dois noter que, lors de notre dernier convent - l'assemblée annuelle où nous débattons des sujets importants - en septembre, j'ai senti que la défense proclamée des valeurs républicaines séduisait les frères. Nous allons envoyer à tous les candidats républicains un questionnaire précis et nous rendrons publiques leurs réponses, sans commentaires.

 

8 octobre 2004

Entrer en maçonnerie

La franc-maçonnerie est un chemin comme un autre. Elle n'affirme pas détenir la Vérité et la plupart des Obédiences sont adogmatiques et prônent une totale liberté de conscience. Le but de la Franc-maçonnerie est la recherche de la Vérité, qui n'est pas commune à tous, mais qui est différente pour chacun.

1) Décider d'entrer en maçonnerie

La Franc-maçonnerie est ouverte à tous les hommes et femmes libres,de bonne moeurs,
de tous penchants politiques et de toutes croyances religieuses (y comprit athées, agnostiques etc...).
Cependant, elle refuseapprenti généralement toute personne nourrissant des idées
extrémistes ou intégristes. Ceci est un point qu'il est inutile de cacher.

Il n' y a pas d'âge pour entrer en maçonnerie, si ce n'est la majorité légale. Toute personne de tout âge a des chances égales d'entrer en maçonnerie.

La Franc-maçonnerie est élitiste mais n'est pas une fierté à exposer. On entre en maçonnerie car on reconnaît avec humilité qu'il nous faut travailler nos défauts et qualités pour nous améliorer, pas pour gonfler notre ego. On n'entre pas non plus en maçonnerie en espérant faire des rencontres mondaines.

La Franc-maçonnerie est idéale pour une personne qui souhaite s'améliorer, réfléchir sur elle-même et le monde qui l'entoure, travailler avec d'autres sur ces mêmes thèmes, et vivre une évolution en homme ou femme libre.

On ne vous demande pas d'être un puit de science et de culture ou d'être un grand philosophe, ou encore d'avoir un métier intellectuel, pour être digne d'entrer en Franc-Maçonnerie. Les qualités requises sont : sincérité, humilité et surtout désir de s'améliorer. Ces qualités font la vraie grandeur de l'Homme.

2) Être sûr de sa volonté

On n'entre pas en maçonnerie sur un coup de tête. D'ailleurs, pour s'en assurer, la plupart des Obédiences vous feront poireauter un long moment (de 2 mois à 1 an) pour s'assurer de votre volonté et de votre patience (qui est une qualité requise).

Prenez votre temps, vous avez toute la vie, car la maçonnerie est le travail d'une vie. L'Ordre maçonnique existe depuis plus de 3 siècles, et existera encore si vous prenez 1, 2 ou 3 an pour réfléchir.

3) Les détails pratiques à savoir

Comme toute association loi 1901, une Obédience demande à ses membres de payer une cotisation annuelle. Celle-ci peut aller de 200 à 350 euros l'année. Dans chaque Obédience, et dans chaque Loge, il y a un Trésorier qui récolte les fonds pour l'Obédience, et chaque année, chaque Loge présente devant tous ces membres les comptes de l'Atelier et de l'Obédience. Cet argent est utilisé pour la participation aux locaux (s'ils sont loués), à l'achat du matériel (qui est très important), à l'achat des décors (tabliers, gants, etc...) qui sont fournis etc...

agapes

Vous aurez 2 ou 3 soirées par mois à consacrer à votre Loge. L'assiduité est requise. En général, on commence les "Travaux" à 20h, et ils sont suivis de repas fraternels, qui coûtent entre 5 et 10 euros.

Selon les Loges et leur effectifs, ces repas fraternels seront préparés et servis par les Apprentis (Tradition oblige on y passe tous), ou comme c'est le cas dans de très grandes Obédiences, dans le restaurant de l'Obédience (plus cher, et moins bon..., disons-le).

En général vous serez rentré chez vous vers 00h00/00h30, mais les repas fraternels ne sont pas obligatoires. Cependant, on perd vraiment beaucoup à ne pas y participer, car en effet, c'est un moment d'échange exceptionnel entre les membres de la Loge.

Le fruit des travaux des Ateliers sont des écrits produits par les membres. Lors des premières années en maçonnerie, il ne vous en sera demandé que pour passer au grade supérieur. Une fois le grade de Maître acquit, vous serez tenu de présenter un ou 2 écrits par an, sur un thème que vous aurez choisi où que l'on vous aura suggéré. Ce sont les fruits de vos idées, qui permettront de faire réfléchir les autres membres de votre Loge et partager vos idées, chacun à son rythme.

4) Voir quelles seraient les Obédiences idéales

Tout le monde n'a pas de maçons dans son entourage pour être conseillé. Et même si tel est le cas, mieux vaut savoir à peu près ce qu'il en est des Obédiences plutôt que d'entrer à l'aveuglette en Franc-maçonnerie.

Nous conseillons ardemment d'entrer dans une des 9 Obédiences reconnues, qui forment la Franc-maçonnerie française. En effet, il faut savoir qu'arriver à un moment de votre vie maçonnique (grade de compagnon, c'est à dire, plutôt rapidement), un de vos enseignements consistera à connaître les Autres : à visiter d'autres Loges, d'autres Obédiences, voir les autres rites, rencontrer des maçons de toutes horizons, ce qui constitue un facette très importante et très enrichissante de la vie maçonnique. En faisant parti de ces 9 Obédiences (qui sont les plus importantes en France), vous n'aurez aucun problème pour tout ceci. Or, il existe d'autres Obédiences que les 9 ne reconnaissent pas, et pour qui il est impossible d'avoir de contact avec les autres. Cela entraîne souvent des dérives sectaires (exemple Grande Loge Unie de France GLUF, etc)...

Le premier choix sera de décider si vous souhaitez être dans une Obédience Féminine, Masculine, ou Mixte.

Cela dépend de votre ressenti. Dans les Obédiences unisexes, certaines reçoivent les membres de l'autre sexe en visite, d'autres non. Beaucoup de ceux qui sont des Loges Féminines ou Masculines justifient ce choix par le fait que la présence de l'autre sexe peut être déstabilisant dans les réflexions et le travail à faire, et que la Mixité est souvent source d'histoires de fesses ou de désagréments pour la concentration. Nous leur répondons que d'une part, il fait parti du travail sur soi que d'être capable de considérer un membre de l'autre sexe comme une personne, et non comme un homme ou une femme, et que d'autres part, la mixité réunissant les deux pôles de l'Humanité, les Travaux ne peuvent en être qu'enrichis. En effet, vous voyez une assemblée d'hommes travailler sur un sujet où les femmes sont nécessaires tel l'avortement? Cela est valable dans les deux cas. Cependant, il faut faire ce que vous pensez être le mieux pour vous. Rien ne vous empêchera de changer d'Obédiences des années plus tard si vous le souhaitez (et si vous faites parti des 9.)

Une fois ce choix fait, un autre devra se faire entre les Obédiences Libérales et les Obédiences Régulières et Traditionnelles ( voir ici )

La franc-maçonnerie traditionnelle fait obligation à ses membres de croire en un principe créateur, appelé "Grand Architecte de l'univers", représentant généralement Dieu, mais pouvant aussi être compris comme une énergie génératrice de la vie. Elle ne reconnaît pas l'initiation des femmes. Elle s'engage dans l'amélioration de la société surtout par le perfectionnement de soi et des oeuvres philanthropiques.

La franc-maçonnerie libérale, née en France, au XIXe siècle, de la franc-maçonnerie traditionnelle, respecte le libre arbitre: ses membres sont libres de croire ou non en Dieu. Elle reconnaît l'initiation des femmes. Elle travaille à l'amélioration de la société en favorisant l'abolition des lois injustes et l'avènement de mesure s sociales équitables, sans pour cela négliger des actions philanthropiques individuelles ou collectives.

La frontière est parfois très fine. Et ces tendances ne se généralisent pas forcément à tous les Ateliers de l'Obédience. En fait, le mieux est de préciser à l'Obédience à laquelle vous écrirez si vous souhaitez plutôt travailler sur vous-même et la symbolique, ou si des sujets sociaux vous intéressent plus. Elle vous dirigera selon ces souhaits. Précisez-le innocemment et sans exigence. Dans tous les cas, lors de l'apprentissage, ce sont des sujet symbolique que vous devrez travailler.

5) Entamer le processusvigilance

Visitez les sites Internet (maintenant très complets) de l'Obédience qui vous intéressent, et notez l'adresse de l'Obédience pour écrire votre premier courrier (s'il y en a 2 ou 3, vous pouvez faire cette première démarche auprès de toutes).

Tout commence par votre courrier. Votre lettre de motivation. Ecrivez-la à la main. Adressez-vous à Monsieur ou Madame ou les deux, et expliquez sincèrement vos motivations et qui vous êtes, et signez. Précisez bien sûr vos coordonnées de façon complète . Envoyez-la, et ça y est, le premier pas est fait. Il va vous falloir attendre une réponse.

Cela peut prendre entre 2 mois et 1 an. Cependant, cela se fait de plus en plus rapidement.

L'Obédience va vous mettre en contact avec un Atelier, en tenant compte de votre situation géographique principalement, et éventuellement de votre recherche en maçonnerie.

Deux ou trois membres de cet Atelier (dont le Vénérable Maître) seront nommés pour vous "enquêter".

Ces entrevues permettront d'évaluer la solidité de vos  motivations et éventuellement vous ouvrir les yeux si vous vous êtes trompé.
Si vos motivations soient profondes et que vous semblez être un candidat acceptable, le Vénérable va vous faire remplir une notice autobiographique, vous inviter à vous  procurer un extrait de casier judiciaire (le demandant à Nantes est toujours long à obtenir, mais à présent, vous pouvez l'obtenir en moins de 7 jours par internet) et vous demander deux photos d'identité.

"Le Vénérable confie a trois frères, qui ne se connaissent pas entre eux, le soin de rencontrer le candidat et de rédiger un rapport, afin de cerner la personnalité du candidat de points de vue différents : c'est l'individu en soi, l'homme moral, l'homme social que l'on va ainsi chercher à dessiner. Certains enquêteurs travaillent rapidement, d'autres ont besoin de rencontrer plusieurs fois le sujet à étudier...

Le port du bandeau est une tradition en appelant aux époques et aux pays où la franc-maçonnerie était persécutée, ou à tout le moins soulevait la méfiance des autorités, il importait que le candidat ne puisse savoir quels étaient les membres de la loge.

On peut considérer que l'interrogatoire sous le bandeau est une des épreuves préliminaires de l'initiation, le candidat se trouvant alors dans une position d'infériorité. Qu'on ajoute à cela le jeu des questions qui vont être posées, questions que les amateurs d'à peu près (ou d'à peu loin...) disent être aussi sottes que grenues !
Il convient de reconnaître que certains interrogateurs exigent qu'en quelques phrases il soit donné une solution au problème de l'emploi ou que le candidat fournisse une recette pour la reprise du processus de paix au Proche-Orient...

Les rapports seront lus devant l'assemblée des francs-maçons de l'atelier, avant la comparution du candidat qui, ayant les yeux bandés, sera interrogé.

L'interrogé étant reconduit hors du temple, un débat peut s'engager, puis a lieu le vote sur l'admission aux épreuves, qui s'opère par boules noires et blanches : pour être favorable, le vote doit recueillir moins du quart de boules noires.

Prenons un exemple chiffré :

trente votants comptent pour le multiple de quatre supérieur, soit trente-deux; avec sept boules noires, le candidat est admis, à huit il est ajourné."

Si le vote est favorable, vous recevrez par courrier une convocation pour cérémonie d'initation, que nous ne dévoileront pas ici.

Inutile de rechercher dans les livres ou sur internet les détails de cette cérémonie. D'une part parce qu'elle varie selon les Rites et les Ateliers, mais aussi parce vous ne comprendriez pas le pourquoi du comment et que le secret de cette initiation se vit sur le moment même, et pendant bien des années plus tard.

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Pour toute question, n'hésitez pas à nous écrire ou à poster dans le forum.

 

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